La situation culturelle et educative en Afghanistan

La culture

 

Dans le cadre de l’aide au développement financée par la communauté internationale, la plupart des projets ont pour but de porter remède aux meurtrissures visibles et aussi aux imperfections institutionnelles de l’Afghanistan. Néanmoins, on peut regretter que peu soit fait pour panser les plaies profondes causées par les différents conflits dans le domaine de la culture. Il est temps pour ce pays de retrouver la conscience de sa richesse culturelle, ses talents et ses capacités d’expression.

L’Afghanistan a une tradition culturelle unique et riche, intimement liée aux cultures de la Perse et de l’Asie Centrale. Littérature, musique, danse et vêtements, entre autres, en offrent de multiples exemples.


Malheureusement, les conflits des trente dernières années ont gravement nui à cette tradition, la pauvreté mettant plus ou moins en sommeil la pratique culturelle et les talents.

Des millions d’Afghans ont quitté leur pays pour rejoindre l’occident ou bien s’abriter dans les pays voisins, en particulier le Pakistan et l’Iran. Beaucoup de jeunes Afghans de la diaspora ont ainsi assimilé d’autres cultures, souvent au détriment de la leur. Aujourd’hui, ils ne connaissent guère leur pays, géographiquement et culturellement. Un tel déracinement contribue davantage à accentuer les divisions de  la société afghane qu’à restaurer le sentiment d’appartenance à une nation. On voit donc émerger une forte identité tribale, forcément génératrice de conflits et par conséquent peu propice à l’instauration d’une paix durable.

 

Une autre conséquence des conflits à répétition de ces trente dernières années a été un renouveau de la culture islamique, hélas parfois alimentée par des idéologies intégristes.

Les traditions se sont estompées au profit d’un code de conduite islamique. Sur le plan culturel, certains modes d’expression, jugés contraires à l’Islam, se sont donc éteints. A présent, le Soufisme est  considéré par beaucoup d’Afghans comme étant contraire à l’Islam et on assiste à un net recul de la participation des femmes à des représentations culturelles.

En outre, les lieux d’expression culturelle et d’apprentissage du savoir ont souvent été détruits. On ne s’attache pas assez à les restaurer. Citons l’exemple du Musée de Kaboul. On pouvait jadis y contempler les trésors inestimables du patrimoine archéologique de l’Afghanistan et de l’Asie Centrale. Ce joyau n’est plus aujourd’hui que l’ombre de lui-même. Dépouillé de ses richesses par les Taleban, il n’est plus en mesure de montrer au peuple afghan la richesse et l’unicité de son histoire et de sa culture.

Il ne subsiste qu’un seul musée des Beaux Arts (la « National Gallery ») et pas une bibliothèque digne de ce nom. Les bibliothèques sont peu accueillantes dans la mesure où elles sont petites, vieilles et poussiéreuses. Il existe bien quelques bibliothèques spécialisées mais le grand public n’y a malheureusement pas accès.
Quant aux cinémas, la médiocrité de la programmation (essentiellement basée sur la production de Bollywood) et le manque de tact des spectateurs les rendent peu fréquentables, surtout pour les femmes. On ne peut nier une amorce de renaissance du cinéma afghan mais la société afghane ne soutient guère ce renouveau et n’a pas assez de considération pour les acteurs, surtout pour les actrices. A Kaboul, un magazine de cinéma qui s’intéressait à la production locale et étrangère a récemment cessé d’exister, faute d’intérêt et de soutien financier.

 

L’éducation

 

On estime qu’il y a entre 60 et 80 % d’analphabètes en Afghanistan. C’est donc l’éducation des jeunes qui reçoit le plus fort soutien. Beaucoup d’écoles sont construites et de plus en plus de filles sont scolarisées.

Dans les villes, on voit fleurir des instituts de formation. Les universités, publiques et privées, offrent des préparations à bon nombre de diplômes, de la licence à la maîtrise. Cependant, tandis qu’une petite frange de la société peut se permettre de garantir une bonne éducation à ses enfants, la qualité de l’enseignement de base est discutable, en raison de la médiocrité des moyens matériel et de l’insuffisance de la formation des enseignants. Il reste beaucoup à faire…


L’édification de bibliothèques ne suit hélas pas la construction des écoles, privant ainsi les jeunes de lecture et de recherches. La qualité de l’éducation, et du savoir en général, s’en trouve donc diminuée.

Un autre sujet de préoccupation est la formation des adultes. Des millions d’entre eux n’ont pas eu accès à l’éducation et sont ainsi en proie à la pauvreté. Même si la santé de l’économie afghane devait s’améliorer, ces personnes auraient encore du mal à trouver du travail, y compris dans des domaines peu spécialisés.


Il est donc essentiel d’assurer à cette catégorie de la population une formation de base. Lecture, écriture et connaissances informatiques leur permettront de mieux maîtriser leur vie.